La fois où j’étais en Lituanie, tellement saoul que j’avais plus de jambes

Vilnius, Lituanie, Août 2007

J’avais un seul but en allant en Europe la première fois: non, pas visiter le plus de musées possible. Non, pas apprendre l’italien ou le hongrois. Mais bien me saouler la yeule dans chaque pays. Puéril je sais, mais j’étais jeune et idiot.

Treize pays en six semaines, c’est du pain sur la planche, et ça veut dire qu’en moyenne je passais un jour sur deux sur la grosse brosse sale qui fait mal et qui raccourcit la vie. Mais heureusement j’avais 22 ans à l’époque, au sommet de ma tolérance, le parfait overlap entre la vitalité et l’expérience, alors rendu au pays numéro 7, la Lituanie, j’étais rendu une insatiable machine à calage de bière, prête à affronter tout ce qui est dans mon chemin.

Je n’y passe qu’une nuit avant de continuer vers la Pologne, alors pas l’temps d’niaiser. Heureusement, je suis à peine arrivé à Vilnius et déjà que je me suis fait des chums lituaniens qui décident de me montrer de quoi leur nightlife a d’l’air, et c’est vendredi en plus.

On commence par un restaurant rustique de la vieille ville, tout de bois verni orné, où les serveuses souriantes sont toutes blondes, ont toutes des gros totons, et portent des uniformes traditionnels. Je mange un de leurs repas typiques, une grosse patate farcie de viande, couverte de crème sûre et cuite au four. C’est gras, salé, et délicieux. Je rinse ça avec quelques Svyturys bien froides, la soirée commence bien.

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Le reste de la soirée est un peu un brouillard, le lendemain je check ma caméra et il y a plusieurs photos, de plus en plus floues, de nous dans différents bars ou assis sur le trottoir, une bière ou un shooter ou les deux à la main sur chacune. Je me rappelle que c’était bien le fun, et qu’on a fini à 4 heures, et c’est pas mal tout.

Et quand vient le temps se retirer vers nos quartiers, pratique, l’héritage communiste du pays fait en sorte que les autobus coûtent presque rien, et passent 24 heures sur 24. On se pointe à l’arrêt, et on voit juste le bus qui s’éloigne dans la nuit… le prochain arrive juste dans une heure. Maudit! Je cogne des clous, un de mes nouveaux chums me dit que si je veux faire un somme sur le banc de l’abribus, il va me réveiller quand le bus arrive. Ce que je fais aussitôt.

Le marchand de sable me chatouille le scrotum, et bien vite je tombe dans un semi-coma. Tout à coup, je me fais extirper de mon sommeil par des “Come on, man! The bus is here!” Confus, je regarde à gauche et à droite, et de ma position horizontale sur le banc de plastique couvert de graffitis je vois le trolleybus arrêté à quelques mètres, et mes chums lituaniens déjà dedans, à me faire signe. Je me mets en position assise, me lève, et PAOW, m’éffouaire la face drette sur le trottoir.

Tha fuck?!

Je suis couché face à terre sur le trottoir jonché de mégots de cigarettes et de vieilles crisses de gommes toutes noircies, les bras en croix, et je comprends pas du tout ce qu’il se passe. Oui, chus saoul mort, mais à ce moment l’adrénaline m’envahit et essaie de prendre le contrôle de mon cerveau et mon corps. Je me pousse vers le haut et finalement arrive en position debout, chancelant mais vertical, avant de faire un pas vers la porte grande ouverte du bus… et me planter encore une fois. PAOW. Cette fois-là au moins, j’amortis ma chute avec mes avants-bras, ce qui les laisse tout égratignés.

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nightlife lituanien

 

J’ai jamais été saoul au point de pus être capable de marcher. Je la pogne vraiment, vraiment pas.

Alors dans un cas comme ça, qu’est-ce que je fais? Je crie.

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!!

Un de mes nouveaux chums et un total inconnu sautent sur le pavé, me ramassent par les aisselles, et me traînent non-cérémonieusement vers le bus. On m’installe sur un siège, et c’est là que la douleur arrive finalement, en trombe.

Pas la douleur de ma mâchoire qui s’est écrapoutie sur le béton, pas la douleur de mes coudes tout scratchés, pas même la douleur infligée à mon égo. Ces parties là font toutes aussi mal, mais la vraie douleur inconfortable est dans mes jambes, où le sang revient lentement… Parce que comme un cave, je viens de dormir une heure sur un banc avec des accoudoirs, le cul et le dos sur le plat, et les jambes pliées vers le haut. Quand je me suis fait réveiller brusquement, mes jambes étaient tellement exsangues que c’est comme si j’en avais pus, et que quelqu’un avait juste relié mes souliers à mes hanches par des cordes. Là, ça pique en saint-cibole, et j’essaie de garder mon calme dans ce trolleybus rempli d’étudiants encore saouls, et des monsieurs-madames aux sourcils froncés qui se rendent à la job pour un shift matinal.

Le lendemain soir, alors que j’embarquais dans un bus de nuit vers Kraków, je sentais encore les effets débilisants de ma brosse. Et c’était même pas ma plus grosse en terre européenne, calisse, faut souffrir pour être belle.

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y a une ville qui s’appelle KAUNAS là-bas, hihihihi

 

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