Affaires bizarres que les Chinois disent, Partie 1

Parce que oh que oui, il va y avoir une deuxième partie, et beaucoup d’autres ensuite.

J’habite le Royaume du Milieu depuis plus de cinq ans, bientôt six. Crisse, j’ai passé plus de jours adultes en Chine qu’en dehors, ce qui est une assez inquiétante statistique. Conséquemment, je dois dire que je suis rendu un peu habitué aux choses disons… étranges qu’on peut observer ici.

150 matantes qui dansent en ligne sur du gros dubstep qui sort d’un speaker sur roulettes dans un parc? Des têtes de requin dans la section fruits de mer à l’épicerie? Une petite fille avec un gilet écrit SKULLFUCK dessus? Been there, seen that.  Et pour ce qui est des traductions boboches et l’habillement des gens, ça franchement il faut être FOB (fresh off the boat) pas à peu près pour encore remarquer ça.

Mais si y a une chose à laquelle je vais jamais m’habituer, c’est pas ce que les Chinois font, mais ce que les Chinois disent. J’en entends des esties de perles sur une base régulière. Jugez-en par vous-mêmes:

***

Celle-là vient tout juste d’arriver. Genre, y a deux heures de ça. Je reviens du gym, qui est au sixième étage d’un gros centre d’achats. Dehors, deux des employés du gym sont en train de passer des prospectus pour essayer d’attirer d’autres clients, l’un d’eux me reconnaît, me dit salut, et je lui pique une jasette.

– Vous êtes en train de recruter du monde?

– Ouin, ouin. As-tu des chums qui sont intéressés?

– Pas sûr. Je peux demander.

– Pis ta blonde, elle?

– J’en ai pas ces temps-ci. Juste quelques amies.

– J’gage qu’elles aiment ton… ÇA, dit-il en pointant vous-savez-où et en mettant ses mains à 15 pouces de distance l’une de l’autre, comme quelqu’un qui conte fièrement une histoire de pêche. Son chum et lui rient comme deux pies.

Maudit… si j’avais un compteur de jours sans que quelqu’un me pose des questions au sujet de mon pénis, y aurait pas affiché un nombre à deux chiffres depuis longtemps.

***

alien

Petit kid de 5 ou 6 ans:

– Maman! Maman! Un extra-terrestre!!!

– Bin non, c’est pas un extra-terrestre, c’est un étranger.

(Ceux parmi vous avec une connaissance du chinois mandarin sauront que les mots extra-terrestre et étranger sont pas si différents. Reste que je l’ai bien ri.)

***

Mon chum Mike et moi sommes dans un train, revenant d’une fin de semaine en Mongolie Intérieure. Tous les deux, on est sur un lendemain de brosse absolument dégueulasse. Le genre que si Satan en personne faisait une apparition, et t’offrait de réduire la douleur de 20% en échange de ton âme, tu dirais oui sans hésiter.

On s’est saoûlé au manaijiu, un spiritueux fort-que-l’crisse fait avec du lait de jument, et on s’est réveillé sur des banquettes en bois avant de trottiner tant bien que mal vers la gare. Conséquemment, on feel comme des mardes, et la ride de train de 12 heures finit pus.

Mike se lève et se dirige vers les toilettes. Moi, de ma position assise, coudes sur les genoux, tête entre les mains, je l’entends se faire intercepter par une gang d’indigènes curieux de voir un blanchâtre dans leur wagon.

– Heille, t’es tu russe?

– Non, chus américain, répond Mike avec son gros accent.

– Quoi? Non, t’es russe.

– Non, chus américain!

– Assis-toi avec nous, come on! Bois une shot! On est des amis!!!

Mon estomac se soulève juste à l’idée de boire ou même sentir une shot de baijiu. Je pensais aller aux toilettes moi aussi bin vite, mais j’ai pas le goût de me faire intercepter moi aussi… quoique, chus quand même pas pour laisser Mike tout seul, je le vois, il est vraiment pris entre deux gros Chinois saouls qui le laisseront clairement pas partir avant qu’il ait bu au moins une shot du liquide infâme.

Finalement, je me lève, et amorce ma mission de sauvetage.

– Heille, un autre russe! entonne jovialement l’un des mononcles.

– HEEEEEEEEEEY!!! Viens t’assir, viens t’assir! répondent le reste de sa gang.

On s’en tire à boire juste UNE shot de baijiu. Et ils nous donnent des saucisses et de la viande de canard qui ma foi, aident pas mal à absorber le poison qui sloche dans nos estomacs. Du bin bon monde.

Si ils pouvaient juste arrêter de dire qu’on est russes, ce serait bien. Je dis à l’un d’entre eux:

– On est pas russes, yo, chus canadien pis lui y est américain.

– Ah ouin?! Heille, vous avez entendu ça?! Ce russe-là y est américain!”

*facepalm*

Finalement, y comprend. À moins qu’y ait compris depuis le début et font juste nous niaiser, mais je gagerais pas là-dessus.

– T’es américain, hin? Ici, les gens aiment bien les Américains. Tu sais pourquoi?

– Non, répond Mike.

– Parce que les Américains Y TUENT DES JAPONAIS!!! HAHAHA!!!

Mike réagit pas. Son chinois est pas shit-hot. Il se tourne vers moi, et me demande en anglais:

– Yo, qu’est-ce qui vient de dire? Chus pas trop sûr d’avoir compris.

Do you really wanna know?!

***

Au marché: “Avez-vous ça dans ton pays, des patates?”

Sérieux, on est loin de l’isolationisme des années 70 et 80 (quand la Chine était plus ou moins comme la Corée du Nord aujourd’hui), mais sacrament…

***

Et voilà, c’est tout pour l’instant. Deuxième partie sous peu (parce que je manque pas de matériel). Restez sages là!

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